Comment Sketchpad d’Ivan Sutherland a construit l’interface informatique moderne

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Tout a commencé avec un stylo lumineux et un tube cathodique.

En 1961, Ivan Sutherland, un jeune étudiant diplômé du MIT, voulait créer un ordinateur capable de répondre visuellement. Il ne voulait pas seulement du texte sur un écran. Il voulait dessiner.

Le résultat fut Sketchpad, le premier programme d’infographie interactif. Ce n’était pas seulement un jouet. C’était le prototype de tout ce que vous utilisez aujourd’hui. Chaque fois que vous cliquez sur une icône, faites glisser une fenêtre ou zoomez sur une carte, vous utilisez la logique inventée par Sutherland.

Le matériel qui a rendu cela possible

Vous ne pouvez pas comprendre Sketchpad sans regarder la machine sur laquelle il vivait. Le TX-2.

Cette bête vivait au laboratoire Lincoln du MIT. Il disposait de 320 Ko de mémoire. Pour mettre cela en perspective, ce n’est rien selon les normes modernes. Une seule photo de votre téléphone contient plus de données que l’ensemble de cet ordinateur.

Mais pour 1961, c’était un monstre. Il disposait de deux fois la mémoire des plus grandes machines commerciales disponibles. Il alimentait un écran CRT de 23 cm.

L’idée de Sutherland était simple. Utilisez un “stylo lumineux” sur cet écran. Touchez le verre. L’ordinateur le voit. L’ordinateur répond.

Ce fut l’une des premières interfaces utilisateur graphiques (GUI). Avant cela, vous frappiez des cartes perforées. Vous avez attendu. Vous l’espériez. Avec Sketchpad, vous dessiniez. Vous avez vu le résultat instantanément.

“Sketchpad : un système de communication graphique homme-machine.”

C’était le titre de sa thèse de doctorat de 1963. Cela semble sec. L’impact a été explosif.

Comment cela a réellement fonctionné

Le processus était compliqué. Pas à cause du code, mais à cause de la physique.

Sketchpad s’appuyait sur des impulsions électriques. Le stylo lumineux avait une cellule photoélectrique. Le CRT était équipé d’un canon électronique tirant depuis l’arrière du tube.

Lorsque vous touchiez l’écran, le timing de l’impulsion indiquait à l’ordinateur exactement où se trouvait votre stylet. Il a converti l’écran en carnet de croquis.

Un curseur est apparu. Vous avez tracé des lignes. Vous les avez déplacés. Vous avez changé leur taille. Vous avez utilisé des commutateurs informatiques pour contrôler le ratio.

C’était primitif. C’était aussi révolutionnaire.

Pourquoi c’est important maintenant

Vous n’avez pas besoin de connaître les circuits pour ressentir l’héritage.

Sketchpad a établi le vocabulaire de l’informatique visuelle. Il a enseigné aux ordinateurs comment modéliser des objets sur un écran.

Cette logique alimente :
– Plateformes publicitaires
– Tableaux de bord métier
– Logiciel de divertissement
– Outils d’architecture
– Conception de sites Internet

Cela a également conduit directement à la conception assistée par ordinateur (CAO). Les ingénieurs utilisent encore ces principes pour construire des voitures, des avions et des ponts.

Le laboratoire et l’héritage

Sutherland ne s’est pas arrêté au MIT.

En 1964, il collabore avec David Evans à l’Université de l’Utah. Ils ont ouvert l’un des premiers laboratoires d’infographie pédagogique à Salt Lake City.

Il ne s’agissait pas seulement de dessiner de jolies images. Il s’agissait d’apprendre aux ordinateurs à comprendre la géométrie. Il s’agissait de faire de la machine une extension de l’esprit humain.

La plupart des logiciels que nous utilisons aujourd’hui sont issus de cette première expérience. La souris ? C’est le descendant direct du stylo lumineux. L’icône ? C’est un descendant direct des symboles de Sketchpad.

Nous vivons dans un monde imaginé par Sutherland. Nous avons juste oublié de le remercier.