Les gros titres en parlent. Le pochoir à main vieux de 67 000 ans. Le cochon verruqueux vieux de 51 000 ans. C’est censé être une course vers le passé, repoussant les limites.
Mais l’horloge tourne-t-elle vraiment correctement ?
Georges Sauvet, préhistorien français, dit non. Il regarde les chiffres et voit des défauts. Plus précisément dans la méthode de datation à l’uranium-ième. Il appelle cela une ruée vers l’Antiquité qui ignore les contrôles nécessaires.
“La validité de certaines de ces dates est remise en question”
Sauvet n’est pas seul. Mais il est bruyant. Il soutient que les chercheurs négligent la prudence pour des raisons de prestige. Si vous publiez qu’une peinture rupestre est ancienne, vous obtenez des subventions. Vous obtenez la renommée. Mais comprenez-vous la vérité ?
Le problème des systèmes fermés
La datation uranium-thorium fonctionne comme ceci.
L’eau coule sur le calcaire. Formes de calcite. L’uranium est piégé. Il se désintègre en thorium au fil du temps. Chimie simple.
L’uranium 234 laisse tomber des protons. Il devient Thorium-230. Il faut 245 620 ans pour que la moitié change. Vous mesurez le rapport. Vous avez un âge.
Sauf que le système doit être fermé.
Aucune fuite. Pas d’eau supplémentaire qui entre ou sort.
Dans le monde réel, les grottes fuient. L’eau de pluie s’infiltre. Les eaux souterraines bougent. Il libère l’uranium par lessivage.
Lorsque l’uranium quitte le mélange, les calculs s’effondrent.
Le ratio suggère que le dépôt est plus ancien qu’il ne l’est réellement. L’art semble ancien parce que les minéraux qui le recouvrent reposent.
Conflits dans les grottes espagnoles
Sauvet a pointé du doigt une étude de 2018. Dirk Hoffmann et son équipe ont déclaré que les Néandertaliens avaient peint des grottes espagnoles il y a 65 000 ans.
Néandertaliens. Pas Homo sapiens.
Cette affirmation implique un art complexe de la part de nos cousins disparus.
Sauvet et quarante-deux autres personnes répondirent. Ils ont souligné le problème du système fermé. Sans preuve qu’aucun uranium n’a été perdu, ces dates ne sont que des suppositions déguisées en science.
Les Néandertaliens avaient-ils de l’art ?
Certains le pensent. D’autres disent que nous n’en avons tout simplement pas encore la preuve.
Si les dates espagnoles sont erronées, nous perdons cette preuve potentielle. Nous revenons à la case départ.
Cas de systèmes ouverts
Prenez la grotte de Nerja. Sud de l’Espagne.
Un test U-Th a révélé qu’une couche avait 119 000 ans.
Une date au carbone sur fusain dans le même dessin indiquait 19 000.
Une autre date au carbone sur la calcite indiquait 14 000.
Cela représente un écart de près de cent mille ans.
Regardez Leang Balangajia en Indonésie.
La couche externe de calcite est la plus jeune. Il s’est formé en dernier. Droite?
U-Th a dit qu’il avait 37 300 ans.
La couche en dessous n’était que de 29 500.
La peau est plus vieille que la viande. Impossible dans un système fermé. Cela signifie qu’il y a eu une fuite d’uranium. Cela signifie que les dates sont faussées.
“La datation de l’art rupestre est particulièrement difficile.”
Adelphine Bonneau, professeur de chimie, est d’accord sur le principe. Elle dit que U-Th peut conduire à une surestimation s’il n’est pas traité avec soin.
Mais elle pense que Sauvet jette le bébé avec l’eau du bain.
L’ablation au laser résout ce problème
Les défenseurs de la méthode ne nient pas les erreurs. Ils ont juste une solution.
Maxime Aubert, qui a travaillé sur les pochoirs indonésiens du cochon et de la main, utilise l’ablation laser.
Son équipe tire des lasers sur de minuscules sections de calcite.
Ils cartographient les rapports isotopiques sur toute la couche.
Ils repèrent les zones en désordre. Les zones du système ouvert où l’eau est entrée. Ils les ignorent.
Seules les zones propres et stables sont prises en compte pour l’âge.
Aubert soutient que rejeter entièrement U-Th parce que certains échantillons fuient est une erreur. C’est comme jeter un thermomètre parce qu’il en reste un au soleil.
Nous avons de meilleurs moyens maintenant. On voit la contamination.
Hoffmann ne disposait pas de cette technologie en 2018.
Bonneau dit qu’il n’a pas publié les cartes isotopiques brutes. Sans eux, vous ne pouvez pas vérifier son travail. Vous faites simplement confiance à sa parole.
La science exige de la transparence.
Alors qui a raison ?
Sauvet dit de tout croiser. Ne faites jamais confiance à une seule méthode.
Aubert affirme que la technologie moderne résout le problème des fuites. Les dates les plus anciennes sont valables.
Nous ne saurons peut-être jamais si ces pochoirs ont réellement 67 800 ans.
Peut-être que la peinture est vieille. Peut-être que la croûte est un menteur.
Ou peut-être les deux.
À quoi faites-vous le plus confiance. Le titre. Ou la note de bas de page ?
